• S.Ch.

S'effacer

Quand j'étais petite

les cris violents, les énervements, les mauvaises réponses, les propos injurieux, les insultes, la haine, la répulsion dans les yeux

me faisaient mal

je sentais de la douleur dans mon âme, dans tout mon être.


Je regardais souvent cette personne s'ériger devant moi

et pleurais dans mon coeur

car je ne comprenais pas

sa rage.

Je ne savais pas comment faire pour l'arrêter.


Je me suis toujours demandé si je pouvais, l'aider. Cette personne.

Non, je ne pouvais pas.

J'étais effrayée. Spectatrice d'une scène à laquelle je ne pouvais pas échapper.

Même pas en fermant les yeux, même pas en lisant de la fantaisie, en imaginant une réalité meilleure.


Aujourd'hui, quand quelqu'un a un comportement différent, déplacé, en dehors de la normalité, de la moyenne, je me demande toujours quelle est son histoire. Les expériences derrière ses actes, les blessures de son âme.

Les attitudes parlent de ce que tu as traversé.


Les miennes le font.

Je n'ai pas peur de l'admettre. Tous mes défauts sont bien plus transparents que je ne l'aimerais. J'endurcis mon visage et deviens agressive, parfois, dans un essai inutile de me défendre contre mes propres faiblesses. Mais oui, mes défauts restent là.

Et puis c'est encore le moment de l'exposition des faiblesses.


Coucou.

Bof.


Personne ne sait à quel point les cassures rendent une vie complète, malgré l'horreur. C'est souvent ce que je me dis: la perfection de l'imperfection sauf que par définition je sais que c'est une mensonge;

ce n'est que de l'acceptation, car on ne peut pas rendre beau ce qui ne l'est pas, n'est-ce pas?

C'est alors que l'imagination, débordante, sert de refuge.

Ça alors!

Le seul vrai refuge est en Christ. L'imagination, le moi, l'égo, m'a trompée.

Que sera la réalité entre le visible et l'invisible? Si ce n'est que l'espoir de voir réalisées toutes les promesses de Dieu.


Et puis un jour je serai bien partie avec toute ma fantasie. Loin, fort loin. Enfin avec Lui. J'aimerais y être déjà. M'effacer dans le vent. Disparaître dans le silence. M'y reposer.


Je n'ai jamais voulu condamner quelqu'un de par son attitude erronée; différente, spéciale.

Car je me rappelle de cette personne. Celle que je regardais, quand j'étais petite.

Je la regarde de loin.

Je me demande toujours si je peux l'aider.


Je cherche à comprendre les pièces du puzzle qui composent la personnalité et les choix de quelqu'un.

Je cherche à connaître les pièces du puzzle de son histoire.

Tout ce qui se cache derrière son comportement.


Mais pas tout a une explication.

Parfois nous ne saurons jamais le pourquoi de beaucoup de choses.

Et les gens passeront. Leurs actes aussi.


Je ne sais pas le pourquoi de ma quête.

Une quête pour aider quelqu'un qui

crie.

Fort, très fort.


Et si nous substitutions les "pour qui tu te prends?" pour "qu'est-ce que tu as ?",

les "n'importe quoi", "celui-là est comme ceci, celle-là est comme cela"

pour "vas tu bien ?".


Et si nous transformions nos yeux de pierre en yeux de chair ?


Écoute, je ne suis plus petite aujourd'hui mais quand je vois cette personne crier violemment

je me sens petite,

tout moi pleure encore.


Je demande mon Père du ciel de faire ce que je ne peux pas.

L'aider.


La prochaine fois que tu regardes quelqu'un,

(si tu me regardes et penses que je suis différente)

vois

non pas avec ta compréhension

sinon avec l'autre version

celle des yeux de chair

et cherche dans

son coeur

l'amour.


Parfois il se cache, l'amour, derrière des armures abîmées avant qu'elle ne disparaisse à jamais.


Crédit Photo: Holger Link

#armure #crier #foi #guérisson #aide #écouter #comprendre #empathie #patience #jugement #critique #compassion #Dieu #histoiresdaujourdhui

1 vue

©2020 par Histoires d'ajourd'hui. Créé avec Wix.com