• S.Ch.

Mortel

Tout en moi est mortel.

Les traits du visage, l'enthousiasme, chaque rêve.

Les battements du coeur, les pensées de l'esprit, les succès dans cette vie.

Ma respiration, mon destin, chacun de mes jours.


Chaque baiser mourra. Oui, mes lèvres sont mortelles, elles se désintégreront comme la poussière qui s'envol sous le souffle du vent.

Du sommet de la tête, chaque cheveux, jusqu'au point des doigts, les ongles, les jointures et les moelles, tout est mortel.


L'enveloppe partira, un jour je ne serai plus.

Je veux tout sentir, tout vivre, tout connaître tant que je suis ardente, tant que mes veines portent du sang et mes poumons soupirent. Car sinon, où iront ? Tous ces moments d'intensité, de chaleur. Où iront ? L'excitation, l'espoir, l'illusion.


Cette mortalité...

Elle me parcourt, elle m'habite, elle me dessèche.

Elle me pousse, ma peau s'use,

mon temps s'envol sous le souffle de la mort.


De l'eau !

Mon âme devient sèche, mon coeur est sec.

Mon entrain diminue, mon espoir est cru.

Quand je comprends la mortalité qui habille mon corps, que distillent mes os.

J'ai envie que des mains fortes serrent mes épaules.

Pour les sentir plus vivantes. Et savoir qu'elles sont toujours là, encore loin de cesser.


De l'eau !

Ma gorge est desséchée.


L'ombre est aussi mortelle; un jour elle disparaîtra.


Oh !

Ah !

Toujours ici ! Mon coeur toujours battant !

Oh, ah ! Ma voix ici ! Toujours un cri dedans. Mais la voix aussi, elle mourra !

Oh, arggg, toujours en vie... mortel que je suis ! Mais vivant encore !


De l'eau !

Mes entrailles se fissurent.

Donne moi à boire d'une espérance solide.

Toi...cette beauté.

Mon ventre souffle, ma poitrine respire.

Sur ton visage cette belle espérance est resplendissante.

Celle qui me dit que ce n'est plus une vie mortelle qui m'assaillira

mais la vie éternelle qui me vêtira.



Crédit Photo: Engin Akyurt

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