• S.Ch.

Le jour où je l'ai rencontrée

Mis à jour : sept. 12

J'aurais dû peut être prendre un peu moins de fruits car la boîte était assez lourde. J'ai évalué si je pourrais quand même la porter et ai finalement décidé que oui, que ça irait.


Mes pensées sont revenues à Charlotte qui ne me parlait plus depuis quelques semaines. Je ne comprenais surtout pas ce qui lui arrivait. On avait pourtant toujours été de très bons potes. Elle n'était pas venue à aucune des activités de l'église et personne n'avait voulu me dire exactement ce qui lui arrivait, ils agissaient tous bizarrement... Je trouvais tout cela un peu mystérieux.


En essayant de descendre du camion je me suis répété intérieurement qu'il aurait fallu prendre moins de fruits et puis cette histoire de Charlotte était un peu gênant....J'essaies de garder l'équilibre en descendant, quand mes pieds ont enfin touché le sol je me suis aperçu qu'il y avait quelque chose quasi au-dessous de ma boîte et que ce quelque chose était une personne ! J'ai failli lui écraser la tête, j'ai viré en essayant de réorienter mon corps en gardant toujours l'équilibre. Mes pieds ne trouvant plus un appui ferme.


Je lançais des regards un peu comme un fou pour voir si je n'avais pas fait de mal à personne et puis si je pouvais m'en sortir de cette galère quand mes yeux l'ont vue.


J'ai cru que ma respiration allait tout simplement manquer à mes poumons. Un par de yeux resplendissants était en train de me traverser avec un regard perçant. Mais quel regard ! Quelle intensité ! Quelle puissance ! Quelle profondeur ! Et puis surtout, quelle mauvaise humeur ! C'était probablement les yeux les plus beaux que je n'avais jamais vu, avec des couleurs clairs, éclats de lumière, une brillance particulière, et une force que j'ai trouvé surnaturelle. Quelle expressivité ! Ils avaient une luminosité furieuse.


Je n'y put rien, mon attention avait été suffisamment accaparée par ce regard et puis j'ai perdu toute capacité de concentration; la boîte a finit par glisser entre mes mains. Helàs, pense-je. Où étaient ces yeux et à qui appartenaient ils ? C'était tout ce à quoi je pouvais penser.


Dressée en face de moi il y avait une jolie femme. En quelques secondes j'ai repéré sa silhouette dans une robe jaune qui me sembla très mignonne; sa taille fine, ses cheveux longs. Je vis qu'elle regardait autour les fruits éparpillés avec de la peine, la fureur étant disparue face à la catastrophe autour de nous. Elle s'est baissée avec moi pour re-collecter les fruits qui pouvaient être sauvés.


- Oh ne t'en fais pas, merci. Je ne t'avais pas vu, excusez moi, dis-je avec la voix un peu sèche. Ma gorge était sèche. C'était difficile de regarder ailleurs car j'avais envie de découvrir tout sur elle: ses traits délicats, ses pensées derrière ses yeux qui continuaient à exprimer des choses que je ne comprenais pas, la douceur de ses cheveux qui tombaient autour de son visage, le toucher de sa peau... Serait la beauté de son corps qui m'enivrait à ce point ? Ou peut être j'étais vraiment devant une belle âme qui s'exhibait librement, qui se promenait dans les rues insouciante de l'impact de sa beauté, de l'éclat de la lueur autour d'elle.

- Pas grave... je suis désolée pour toutes ces fruits, le son de sa voix a pénétré mes veines.

- Oui, c'est bien dommage c'était pour une collecte bénévole ! Aïe, aïe, dis-je en revenant un peu les pieds sur la terre mais sans pouvoir m'empêcher de la regarder encore.


J'ai remarqué que son visage sembla se détendre un peu. Qu'était-elle en train de penser ? Et puis ses yeux ont brillé un peu en me regardant ! Que penserait-elle de moi ? Qui était cette fille ?


- Ah oui ! C'est bien dommage ça ! Je suis vraiment désolée !

- Ne t'en fais pas ce n'est pas de ta faute, j'aurais du regarder avant de descendre du camion.

- Oui, c'est vrai que tu es sorti de nulle part. Tu m'as surpris !

- Toi aussi, dis-je instinctivement. Et elle ne le savait pas, mais n'arrêtait pas de me surprendre. J'allais bien avoir un problème si elle ne s'intéressait pas à moi. Pourrais je lire dans ses yeux si elle voulait aussi rester un peu avec moi ? Et rester ensemble tout le temps du monde, ramasser tous les fruits de la planète.

- Mais non, je marchais normalement...- elle avait l'air un peu gênée, je la scruntinait avec intensité en essayant de deviner si je lui plaisait et puis... ce joli sourire s'est dessiné sur ses lèvres. Mon coeur a littéralement sauté victorieux dans la poitrine. Elle jouait ! On était deux.

- Tu veux aller prendre un café ?, dis-je d'un seul coup. Mais pas comme ça!, pense-je immédiatement. J'aurais du être plus subtil! Continua-je à penser. Mais que j'étais obnubilé par ce sourire... était-ce possible qu'elle me souriait à moi ? - De quoi rigoles tu ?, je n'ai pas pu m'empêcher de lui demander. Je voulais savoir ce qui lui traversait l'esprit.

Elle ouvre grandes ses beaux yeux et j'ai cru perdre le contrôle de mes mains encore une fois. Quelle beauté. J'admirais la création de mon Dieu. Je devais absolument obtenir un oui comme réponse.

- Attends, excuse moi, dis-je réflechissant vite pour me ratrapper. Je désirais ardemment être galant, lui démontrer que je voulais vraiment qu'elle accepte. Je me redresse et lui tende la main. Mon coeur battant à l'intérieur. L'accepterait-elle ? Aujourd'hui beaucoup de filles étaient tellement fortes et indépendantes qui n'aimaient plus ces petits gestes... Je la vis hésiter deux secondes et puis elle toucha ma main. Yes! - Je suis Lucas et normalement je ne lance pas des fruits aux belles filles pour les inviter à un verre. Aujourd'hui, je me suis dit que j'allais être originel. Je ne peux pas accepter un non donc. Vraiment, je dois savoir ton prénom avant d'aller prendre ce café, une glace si tu veux ! - dis-je exalté par notre toucher éphémère, nos mains s'avaient touchées à peine un instant.

- Mm, bon courage avec la suivante belle fille alors ! T'iras prendre la glace avec elle, dit-elle avec fierté. Touché. Elle avait raison, pourquoi lui avoir parlé d'autres femmes ? Soudainement, je n'avais qu'elle dans l'esprit.

- Il n'y aura aucune autre après toi. Je suis sûr, dis-je voulant lui faire comprendre que je ne désirais aller nulle part avec personne d'autre qu'elle.

- Ah bon ?, maintenant elle avait l'air surprise. Très bien, j'aimais surprendre, j'avais toujours trouvé que c'était bien l'un de mes point forts.

- Il ne peut pas avoir une plus belle femme, dis-je à moitié en plaisantant, en moitié voulant qu'elle sache que je le pensais vraiment. Elle était vraiment très belle à mes yeux et j'avais envie de la regarder tout le temps.

- Mais tu ne peux pas être sérieux. Tu parles comme ça !, je ne comprenais pas tous les gestes de son visage qui semblait aussi étonné que flatté. Je n'étais certain que d'une seule chose: nous étions en train de passer déjà un bon moment. Je pouvais le sentir. Tout mon corps était rempli d'adrénaline, une énergie nouvelle me remplissait, j'avais envie de courir, parler, danser avec cette fille et tout découvrir sur elle. Je me sentais prêt à tout pour le faire; je me sentais d'un coup enthousiasmé, imparable.

- Dis moi ton prénom, dis-je avec une douceur qui contrastait avec l'effervescence de mon coeur. Me rendait-elle aussi tendre que fort ? Quels autres pouvoirs aurait cette jeune femme sur mon âme ?

- Hélène, dit-elle en me souriant ouvertement.

- Hélène - son sourire me remplit et je fut heureux. Tout mon être voulais qu'on passa toute le journée ensemble - il n'y a pas une plus belle femme que toi, Hélène. Veux tu boire un verre avec moi ?


Elle m'observait avec l'air étonné. J'attendais en silence, tranquille, me délectant alors que je découvrais de nouveaux petits détails: un grain de beauté par ci, la ligne de sourcils par là, les paupières qui battaient comme des ailes de papillons, des traits fins, des jolies joues, des lèvres appétissantes... Et subitement elle a mordu sa lèvre; elle est devenue irrésistible.

- Ah non.

- Quoi ?

- Ne fais pas ça, s'il te plait.

- Quoi !?, elle a encore ouvert les yeux et j'ai cru que j'allais l'embrasser sans tarder. Qui était cette femme qui me bouleversait ?

- Ça, dis-je en retenant mon souffle - Ne mord pas ta lèvre; c'est trop tentant. Elle devint toute mignonne toute rouge. Or elle n'est point partie et elle est restée là, face à moi. Elle voulait aussi me découvrir, je le savais. J'ai voulu chanter à mon Dieu de cette grâce. Allait tout de moi lui plaire autant qu'elle ne me plaisait déjà à moi ? - Tu ne m'a pas dit de quoi tu rigolais tout à l'heure, dis-je pour continuer notre discussion.

- De nous deux à genoux en train de ramasser des fruits. Tu ne dois pas aller rendre les fruits d'ailleurs, Lucas ?, j'eus du plaisir à entendre mon prénom dans sa bouche. Elle l'avait prononcé avec une telle douceur. J'aurais dit qu'elle me kiffait, je me suis senti en sécurité, avec une profonde paix.

- Tu veux venir avec moi ? Après on ira prendre cette glace, j'ai attendu quelques seconds expectant.

- D'accord pour le bénévolat. Car j'aime ça. On verra pour le verre après..., j'ai failli la serrer entre mes bras. Ma tête, mes mains et mon estomac brûlaient. Que j'étais content ! Elle me rendait heureux avec un simple oui! Je me suis rappelé de certains hommes de la bible quand ils étaient contents d'avoir trouvé leur amour. Pouvais je vraiment être sérieux ? Je venais de rencontrer cette jeune femme et pourtant je ressentais cette joie, cette assurance profonde. Mon coeur battait rageux pour elle en cet instant précis.

- Merci Hélène ! Tu ne vas pas regretter. Je vais te faire passer la plus belle journée de ta vie. Promis, pourrais-je lui faire encore bien d'autres promesses ? Je me sentais fort pour les accomplir et désireux de le faire pour elle.

- Attends, ce n'est que du bénévolat...

- Oh oui! Mais nous nous amusons beaucoup. Tiens, je vais te présenter les amis. Nous sommes une association chrétienne et faisons souvent des activités comme celle-ci. Tu vois ?, j'ai essayé de glisser l'information subtilement pour découvrir sa réaction. C'était le sujet le plus sensible dans mon coeur car quoiqu'elle était magnifique si jamais elle n'acceptait pas ma foi ça serait impossible de maintenir une relation... J'ai retenu le souffle en attendant.

- Oui, avec mon église nous faisons souvent des initiatives pareilles -dit-elle avec naturalité.


Je me suis freiné à sec. Je me suis tourné vers elle. C'était elle, devant mes yeux. Et je voulais l'embrasser. Je voulais me rapprocher, j'hésite, je me rapprocha un peu mais sentit sa hésitation et m'arrêta. Je devais attendre qu'elle soit aussi à l'aise avec moi, sûre, tranquille. Je voulais la respecter et l'honorer. Je la fixa de mes yeux en attendant de trouver à l'intérieur d'elle cette réponse: me voulait elle? J'attendrai d'être certain.


Je marcha vers les autres en prenant un peu d'air afin de lui présenter tout le groupe. En quelques minutes elle était simplement une de plus parmi nous. Si rapidement elle parlait avec l'un et avec l'autre, comme si elle y aurait toujours fait partie. Les heures passaient et je la regardais, l'écoutais, découvrais son rire et ses reáctions. Toutes ses pensées me semblaient intéressantes, la plupart je pensais pas la même chose mais je voyais où elle voulait en venir et ça me donnait juste envie de discuter. Mais j'avais plus envie de l'entendre rigoler. De voir son sourire apparaître encore et encore sur son visage. Car quand elle souriait elle faisait quelque chose qui me faisait sentir très spécial: elle jetait un regard rapide dans ma direction. Elle m'offrait son sourire à moi. Elle me souriait qu'à moi. Je trouvais ce petit geste inconscient tellement comblant, intime, beau.


Elle était remplie de bonté et, comme j'avais pu deviner ce matin en croisant son regard, de force et de caractère. Elle était solide, elle parlait avec conviction. Elle avait envie de rigoler et cherchait tout le temps une occasion de sourire. Elle avait les yeux tournés vers les autres, elle aidait, elle agissait. Elle gardait silence quand les autres lui parlaient car elle aimait écouter et découvrir ce qui se passait autour d'elle. Et elle me kiffait à fond. Je pouvais le dire car ses yeux s'illuminaient comme deux feux chaque fois que je prenais soin d'elle; quand je l'aidais à descendre du camion, ou lui offrais de l'eau. Ça me rendait fou de joie de pouvoir lui faire plaisir et elle était simplement tellement contente de mes petites attentions. Que j'aimais son intensité.


À fur et à mesure que mon intérêt pour elle grandissait, mon corps voulait être près du sien tout le temps. J'étais de plus en plus irrésistiblement attiré par ses mouvements, ses courbes, son essence. Je la regardais dès que je pouvais. Instinctivement mes yeux la cherchaient. Quand je la retrouvais mon coeur se réjouissait et je prenais plaisir à l'observer en toute tranquillité, car elle aimait en retour être sous mon regard. Je pouvais le dire par le sourire de paix qui se dessinait sur ses lèvres. On partageait cette complicité de loin. Et puis de près, quand je trouvais la manière de me coller à son bras. Je touchais à peine sa peau et ça brûlait à l'intérieur.


Nous discutions un peu sur tout et rien et nous nous sourions naturellement lors de chaque échange. C'était facile de lui parler. C'était passionnant de découvrir sa vrai personnalité, sa structure de pensée, les fondements de sa vie. Parfois je croyais pouvoir deviner et puis elle me surprenait toujours. Mais je commençais à voir, ses jardins, ses constructions, ses réflexions. J'étais content d'identifier des émotions quand elle faisait un tel visage ou un autre. J'aimais la lire, comme un beau roman. La découvrir, comme une belle histoire.


Elle était passionnée par Christ et aimait vraiment Dieu. Nous nous retrouvions l'un dans l'autre à partager un amour profond et ancré dans nos coeurs. Cela nous unissait dans les tréfonds de notre être. Et ça nous permettait de discuter encore des heures car nous n'étions pas d'accord sur comment vivre cet amour: elle aimait Dieu comme une femme. Moi, je L'aimais comme un homme, mon amour s'exprimait différemment. Elle me faisait vraiment rire en voulant qu'on trouve une entente sur tout, je l'écoutais. Or moi, je voyais la richesse de la différence et chérissait l'union qui en pouvait ressortir finalement, la complémentarité.


En fin de journée on se promenait enfin tous les deux chacun avec une glace. Mais elle était à fond sur un truc voulant absolument me persuader pour qu'on se mette d'accord. J'acceptais nos différences et puis n'avais pas envie de parler beaucoup trop longtemps sur ce sujet... j'avais des meilleurs idées en tête. Je lui ai donc offert un peu de ma glace et elle a dit oui. Je lui ai alors mis sur tout le visage quand elle s'est penché vers ma main. Elle était merveilleuse: un cadre qui est devenu une catastrophe. Elle avait du chocolat partout ! Mais le meilleur c'était son visage. Alors celui-ci je ne l'avais pas encore découvert et j'étais juste dans l'extase. Elle était drôle, tellement drôle. Elle voulait s'enerver et n'y arrivait pas; ses yeux exprimaient un cocktail d'émotions qui allaient de la surprise à l'indignité, à la colère "pas vraiment colère"; elle était trop touchante.

- Non mais, on est bien d'accord que c'est n'importe quoi là, Lucas. Ce n'est pas bien ce que tu as fait. On ne fait pas ça à une jeune femme à laquelle tu jettes des fruits le matin, tu fais travailler toute la journée à droite à gauche et puis tu lui remplis le visage de chocolat. Ce n'est pas galant.

- Oh que tu es belle quand tu essaies de t'énerver, elle m'émerveilla encore avec son petit front froncé et ses yeux endurcis - tu es belle même avec du chocolat sur les moustaches, rigole-je irrémédiablement.

- Mais arrête ! Ce n'est pas drôle du tout !, maintenant elle avait l'air indigné. J'avais envie de l'embrasser. Vraiment.

- Si tu veux je peux t'aider à l'enlever, dis-je en me penchant vers elle, mes mains ont essayé de l'attraper.

- Mais, dit-elle en sautant comme une gazelle - arrête!!!


Ah, en plus elle était rapide. Mais elle n'allait pas échapper à un baiser. Je ne pouvais pas la laisser partir sans lui dire, sans mots, ce qu'elle était dans mon coeur. Et puis ce visage était tout simplement irrésistible pour moi.


- C'est exactement ce visage, dis-je avec émotion.

- Quoi ? De quoi parles tu maintenant ?, elle était toujours un peu énervée en essayant d'enlever le chocolat coulant de partout.

- Ce visage que tu fais, tu fronces un peu ici et tu clignes un peu les yeux. Tu deviennes la plus belle femme au monde pour moi, Hélène, dis-je dans un essai de l'apaiser, de recentrer les choses, de lui faire passer le message. Et ça marcha; son visage s'est dégagé immédiatement et elle s'est calmé en un clin d'oeil.

- Avec des moustaches noirs..., dit-elle avec plaisanterie. Elle n'avait plus les sourcils froncés et ses yeux étaient grands ouverts à nouveau, toute elle lumineuse et belle. Elle était visiblement un peu nerveuse.


Je lui souris comme pour la rassurer. Mon coeur battait assez fort mais j'étais tranquille. Car je savais: je savais que je voulais être avec cette femme, en ce moment mais encore et encore. Nos yeux s'enlaçaient comme pour commencer à tisser une longue corde, qui nous lierait jusqu'à la fin.


Serait-elle aussi en train de se poser les mêmes questions ? De rêver les mêmes rêves ? Voudrait-elle partager avec moi toute une vie, juste comme ça ? Après une boîte de fruits, quelques heures, une glace sur le visage ? Le rythme de mes battements semblaient me dire que je ne me trompais pas, que c'était le bon choix, que je pouvais courir. Et ses yeux m'invitaient à courir vers elle, avec elle, ensemble. Elle me parlait d'amour sans me le dire. Elle me transmettait amour sans me parler. Elle m'aimait et je pouvais le recevoir, le sentir. Elle me faisait vibrer.


Je me rapprocha d'elle et toucha son visage, caresse ses cheveux, place une mèche derrière son oreille. Et puis elle mordit sa lèvre et je ne put plus me contenir. Je traversa l'espace qui nous séparait comme saisi par un élan et embrassa sa bouche avec une ardente timidité. Mes lèvres voulaient découvrir les siennes, les caresser, les posséder. Mon âme criait à la sienne que je l'aimais et que je la voulais pour moi. Qu'elle était là près, mais que je la voulais ici-dedans, dans mon for intérieur, sous ma peau. J'ai soutenu sa tête entre mes mains pour soulever sa bouche vers moi encore et encore. Je voulais boire de son amour comme une source rafraîchissante. Mon âme clamait victorieuse et j'ai prié à Dieu pour cette femme très fort, avec toutes mes forces. J'ai prié pour cette union, pour qu'on soit unis devant Lui à jamais. En silence, je lui ai dit que je voulais qu'elle soit ma femme. Que je l'aimais. Profondément.


Ses lèvres étaient comme du miel et sa peau en flammes. Nous nous sommes séparés lentement et j'ai vu que quelque chose la gênait. J'ai vu la glace complètement fondue dans sa main. Et j'ai souri. Comme je commençais à bien la connaître et voulais lui rendre service, j'ai pris tout ça et ai nettoyé sa main avec soin. Elle se laissa chouchouter, enchantée.


- Je t'avais dit, dis-je espiègle.

- Quoi ?, elle avait la tête un peu dans les nuages.

- De ne pas mordre ta lèvre, nous échangions un regard complice. Elle me faisait des câlins avec ses doigts alors que je finissais d'enlever la glace.

- Ça alors... répondit-elle, je la regarda et elle mordit sa lèvre, aussi espiègle. Je souris, heureux, et l'embrassa doucement. Puis je me redresse et elle s'écria soudainement - Et maintenant je veux une glace, moi !


J'éclate en rires, lui donna un baiser sur la tête et lui promis de lui acheter une glace. Et nous marchâmes heureux, jeunes, insouciants et fous amoureux.



Crédit Photo: Priscilla Du Preez

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