• S.Ch.

Peur

Histoires d'hier


J'étais assise sur mon canapé et à 20h le soir la peur est venue s'asseoir à mon côté.

J'avais 8 ans.

Elle me disait que je n'allais pas avoir des vraies amitiés, car j'étais différente.


À 20h le soir je m'endormais quand la peur est apparue au pied du lit.

J'avais 13 ans.

"Tu ne trouveras jamais un homme qui t'aimera. Simplement tu es moche".


J'avais 15 ans, quand un soir à 20h je rentrais à la maison et la peur marchait à mes côtés.

J'avais le coeur serré dans la poitrine.

Elle me rappelait la longue liste de filles avec lesquelles mon petit ami m'avait trompée.


Un soir j'étais face à l'écran à 20h. J'attendais depuis des heures, des jours, des semaines une réponse, un mot, quelque chose de la part du garçon que j'aimais. Je regardais, sans espoir, le silence devant moi.

C'est la peur qui a parlé à ce moment à mon moi de 17 ans.

"Il ne va jamais te répondre, tu le sais. Qui voudrait te répondre à toi ? Tu es lourde. Tu ne vaux pas grande chose et tu ne mérites pas d'être prise en compte, remarquée, vue".


À 20h un soir que je prenais un verre, la peur s'est assise en face de moi.

Elle m'a regardé droit dans mes yeux de fille de 21 ans.

"Tu crois que tu trouves ta place entre ces gens qui ne t'acceptent pas ? Même entourée, tu seras pour toujours seule car personne t'acceptera ni t'aimera comme tu es. Change ou meurs".


Un soir à 20h je mangeais sans cesse pour ne pas penser à autre chose. Je ne pouvais pas échapper au sentiment d'être lourde, pas assez jolie comme les autres, pas assez intelligente, pas capable. Rien ne réussissait pas. J'essayais, j'échouais. J'étais seule.

J'avais 24 ans quand la peur s'est installée dans le sofá, elle m'a regardée de loin.

"Crois tu être attirante ? Tu manges comme ça, tu es grosse. Et bonne ? Tu es un échec. Rien n'avancera dans ta vie. Ni les gens, ni le travail. Tout ce que tu feras sera voué au fracas".

Ce soir, je suis allée vomir pour la première fois.


À 20h le soir j'étais par terre avec mes yeux fermés. Je méditais sans cesse aux moments vécus avec cet homme qui m'avait pris dans ses bras tant de fois pour m'ignorer à peine quelques semaines plus tard. Je le voyais courir après cette autre femme devant mes yeux.

La peur s'est étirée tout le long de la chambre.

Mon moi de 26 ans a regardé ses yeux noirs : elle était large, grande, obscure, informe.

"Alors - a-t-elle dit - quoi ? Tu as failli déchirer ton œsophage quelques fois, tu penses mériter l'amour de quelqu'un ? Regarde, tu as tout donné pour cet homme. Résultat ? Il préfère, choisit et aime une autre femme bien meilleure que toi. Tous tes projets fantoches n'iront nulle part, tu le sais bien. Ne penses pas que tu pourras cacher tes faiblesses. Les autres voient ça sur toi. Ils fuient de toi. Personne n'aime les vases cassés. Tu es brisée. Qui aimerait un morceau déchiré ?"


Deux ans après un soir, tard, très très tard j'ai raccroché et la maison était en silence. Ce n'était pas 20h. Cette-fois ci je n'avais pas pris rendez-vous avec la peur. J'avais décidé de m'éloigner de ces discours faux. Pourtant, elle est apparue sans prévenir. Cette fois-ci elle n'avait pas de longs propos. Elle venait rendre de comptes avec juste un message court.

"Pourquoi es tu comme ça ? Pourquoi es tu toujours comme ça ? Arrête d'être comme ça ! Arrête d'être comme tu es ! Arrête d'exister."

Pendant des heures, j'ai pleuré toutes les larmes de mon corps.



Histoires d'aujourd'hui


Tous ces ans passés la peur est venue me parler. Elle n'était qu'une ombre. Qu'une voix tortionnaire. Je l'ai écoutée et j'ai suivi sa voie. Oui, tout cela est bien vrai.


En marchant dans la vallée de l'ombre de la mort je me suis sentie seule pendant des nombreuses années. Peut être pas seule à l'extérieur mais profondément seule dans mon for intérieur. Dans mon coeur. Mes pensées étaient enveloppées. Mes yeux bandés.


Si tu traverses quelque chose de similaire, sache que je peux comprendre. Là où la peur nous pousse peut devenir un trou profond.


Aujourd'hui je te parle de ces esprits qui survolent nos vies, des paroles qui volent l'innocence, des mensonges qui veulent seulement nous détruire.


Aujourd'hui un ange que Dieu a mis sur mon chemin m'a parlé de l'auto-dénigrement comme étant le résultat des années de pratiques et des pensées d'auto-destruction.


Et ma question est : où est-elle ma compassion ? Je n'en ai pas dans un coeur endurci par des coups et coups. J'étais déjà tombée et on m'a cassée.


Or, est-ce vrai ? J'avais peut être tout perdu, l'estime de soi, l'amour propre, la confiance, la sécurité. J'avais construit une robe-mirage que je mettais chaque jour et je maquillais mon visage avec des couleurs artificiels.


Aujourd'hui ma couleur naturelle est autre. Une que je ne connais même pas, tellement je ne l'avais jamais vue, rencontrée ni connue. Je le découvre en marchant, en traçant des nouvelles lignes remplies d'espérance : j'ai la foi que Dieu a mis de sa compassion en moi.


Aujourd'hui je peux et je choisis de croire que tout peut changer.


Aujourd'hui, mes histoires sont autres. Jésus m'a sauvée, car seul lui a ce pouvoir de détruire la mort. C'est à Lui que j'ai enfin vu, rencontré et j'apprends à connaître au jour le jour. Il est avec moi à 20h et les restantes vingt-trois heures encore. Il est avec moi tous les jours de ma vie pour l'éternité. Il est mon rocher et mon bouclier. Aucun mot mensonger ne pourra terrasser la muraille de la paix, la forteresse de la parole.


L'ensemble de mes histoires te le disent, je ne suis pas parfaite, je suis juste une nouvelle créature qui ayant à peine survécue, est pleine de cicatrices et pleine d'espoir également.


Car je crois que tout peut changer, que tout changera. C'est Dieu qui l'a promis. Sa promesse brille en moi, me soutient. Le reste est beaucoup trop fragile, ce n'est qu'un mirage. Seule une espérance ferme et solide a la puissance de faire taire la peur :


Jésus tu es Seigneur.





Crédit photo: Simon Migaj

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